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Crises extrêmes « cygnes noires » – Nassim Taleb

Peut-ont prévoir les crises extrêmes comme la crise financière mondiale qui a commencé en 2007? Soit la crise vient de l’insuffisante maitrise des risques, soit elle existe justement parce qu’elle ne peut pas être prédite : les plus prévoyants ne prévoient jamais que le prévisible.
Les crises extrêmes sont des évènements dont la probabilité de réalisation est faible mais dont le coût est très élevé. La crise financière de 2008 est un « cygne noir », du nom d’un livre de Nassim Taleb, qui désigne ainsi les événements extrêmes, dont le coût est très élevé mais la probabilité de réalisation faible. Selon lui, pour prévoir ce type d’événement, l’expérience historique est de peu d’utilité.

L’origine du mot « cygne noire » vient du fait que les européens avant de voir pour la première fois un cygne noir sur les rivages d’Australie, pensaient que tous les cygnes étaient blancs.

Ce constat sur les crises extrêmes est particulièrement pessimiste : nous serons inévitablement confrontés à de nouvelles crises qui ne seront pas des répétitions du passé. L’information passée n’est d’aucune utilité pour prévoir les « cygnes noirs », les risques extrêmes étant souvent sans précédent historique. La crise financière de 2008 a montré que tous les « gestionnaires de crise » dont s’étaient dotés les banques, ne regardaient que dans le passé et en se limitant aux données qui confirmaient leurs hypothèses.

Si les crises extrêmes sont imprévisibles, comment mieux se préparer à y faire face ? On ne peut conduire sa vie ou son entreprise en ne se basant que sur la possibilité de cygnes noirs, les situations « normales » existent aussi!
Il faut simplement introduire une dose de « catastrophisme » dans la conduite des affaires :
•aller chercher l’imprévu, en augmentant l’analyse des données du passé et en accroissant la banque de scénarios sur les futurs possibles.
•conduire des stress tests
•se constituer des réserves de capital

Fonctionnement des MVNO

Les MVNO ne disposant pas d’un réseau en propre, ils doivent, pour bâtir leurs offres de téléphonie mobile, acheter des prestations (minutes de communication, SMS, unités de données) sur un marché de gros de l’accès et du départ d’appel sur les réseaux mobiles, sur lequel les opérateurs de réseau offrent des prestations de gros dont les opérateurs mobiles virtuels sont les acheteurs.

Le fonctionnement et les enjeux concurrentiels de ce marché sont fortement marqués par la structure de l’offre et le comportement des offreurs sur ce marché, qui sont eux-mêmes conditionnés par le fait que les offreurs sont tous verticalement intégrés et présents sur le marché de détail.

Le nombre d’offreurs sur ce marché de gros est limité, du fait de l’importance des barrières à l’entrée. L’offre est ainsi composée des trois plus anciens opérateurs, ainsi que du nouvel entrant. Orange France, SFR et Bouygues Telecom hébergent chacun à la fois des light MVNO et des full MVNO. Si Free Mobile a bien publié deux offres de référence, l’une destinée aux light MVNO, l’autre aux full MVNO, aucun opérateur mobile virtuel n’a à ce jour souscrit à l’une ou l’autre de ces deux offres. Free Mobile ne dispose en effet pour l’instant que d’une couverture en propre limitée, estimée à 37,3 % au 1er juillet 2012. L’entrée du nouvel opérateur n’est donc pas susceptible à ce stade de modifier significativement l’équilibre concurrentiel sur le marché de gros.

La dynamique concurrentielle sur le marché de gros est aussi liée à celle existant sur le marché de détail. Les offreurs de prestations de gros sont des opérateurs de réseau vendant des prestations d’accès à des opérateurs mobiles virtuels qui sont leurs concurrents directs sur le marché de détail : ils vont donc adapter leurs offres de gros en fonction de l’état de l’offre et de la demande sur le marché de détail. Les opérateurs de réseau mettent ainsi en balance, d’une part, les profits additionnels qu’ils peuvent générer grâce à l’accueil de MVNO (notamment en cas de nécessité forte de remplir leur réseau en bénéficiant d’une synergie avec des opérateurs mobiles virtuels présentant un avantage commercial sur eux), et, d’autre part, les pertes de revenu induites sur le marché de détail (liées au risque de cannibalisation de leur base clients existante ou future et d’une concurrence par les prix accrue).

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Les conditions tarifaires (structure, niveau des prix de gros) des contrats liant les opérateurs mobiles virtuels aux opérateurs hôtes semblent cependant toujours limiter la capacité des MVNO à réellement concurrencer les opérateurs historiques sur le marché de détail.

MVNO Opérateur hôte Lancement commercial
Afone (Afone Mobile et Leclerc Mobile) SFR 2007
Alphalink (MVNA) SFR -
Auchan Telecom SFR et Bouygues Telecom 2009
Bazile Telecom Orange France 2009
BUZZmobile (ex Mobisud) SFR 2006
Coriolis (Coriolis Mobile & Saint-Hubert Mobile) SFR 2006
KPN (Ortel Mobile) Orange France 2006
France Télécom Orange France 2009
Futur Telecom SFR 2006
IC Telecom SFR 2011
La Poste Mobile SFR 2006
Lebara Mobile Bouygues Telecom 2010
Legos SFR -
LTI Telecom SFR 2011
Lycamobile Bouygues Telecom 2011
Mundio Mobile (Delight Mobile & Vectone) SFR -
NRJ Mobile (NRJ Mobile & CIC Mobile & Crédit Mutuel Mobile) Orange France et SFR 2005
Numericable Bouygues Telecom 2008
Oméa Télécom (Breizh Mobile & Casino Mobile & Télé 2 Mobile & Virgin Mobile) Orange et SFR 2004
Prixtel SFR 2009
SCT Telecom SFR et Bouygues Telecom 2010
SISTEER (MVNA) SFR 2009
SNBL (Joe Mobile) SFR 2012
Symacom Orange France 2009
Transatel (MVNO et MVNA) Orange France 2002

Source: Autorité de la concurrence (Avis n° 13-A-02 du 21 janvier 2013)