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ROIC (Return on Invested Capital – Retour sur Capitaux Investis)

Le ROIC (Return on Invested Capital -Retour sur Capitaux Investis) mesure la rentabilité des capitaux investis : dettes et capitaux propres.

Return on Capital (ROIC) = Résultat d’exploitation (1-txIS) / Valeur comptable des capitaux investis

Au numérateur, le résultat d’exploitation après impôt va servir à rémunérer aussi bien les actionnaires (cout des capitaux propres) que les banquiers (cout de la dette).
On peut se demander si le fait de prendre le résultat d’exploitation après impôt revient à négliger la déductibilité des intérêts d’emprunt. En réalité, l’avantage fiscal de l’endettement est déjà incorporé dans le cout du capital. Si on devait prendre en compte l’avantage fiscal de l’endettement, le ROIC augmenterait et ne pourrait plus être comparé au coût du capital.

Au dénominateur, les capitaux investis en valeurs comptables. En finance on choisit rarement la valeur comptable mais plutôt la valeur de marché, d’ailleurs, dans le calcul du cout du capital, ce sont les valeurs de marché qui sont prises. Or dans le cas du ROIC, on calcule la rentabilité des capitaux investis dans les actifs existants. Le choix des valeurs comptables correspond donc bien aux capitaux investis. De plus, la valeur de marché prend en compte des flux futurs des investissements actuels et à venir or le ROIC se calcule sur les actifs à la date d’aujourd’hui. Imaginer la rentabilité de Google si on prenait la valeur de marché des capitaux propres.

Capitaux investis = Capitaux propres + Dettes financières – Disponibilités – Placements financiers

Bilan Emplois/Ressources (actif economique et capitaux investis)

Les revenus tirés des intérêts du placement de la trésorerie ne font pas partie du résultat d’exploitation. Il faut donc retirer la trésorerie du calcul.
En effet, dans le cas contraire, les entreprises ayant beaucoup de trésorerie auraient un faible ROIC même si on ajoutait les revenus du placement de la trésorerie au numérateur.

Différence entre ROIC et ROCE

La rentabilité économique peut se calculer soit par l’actif, soit par le passif :

  • Actif : résultat dégagé par l’actif économique
  • Passif : résultat que vont se partager les apporteurs de fonds

Il existe donc deux manière de calculer la rentabilité économique.
Du coté passif, les capitaux investis ou capitaux engagés = Capitaux propres + Dette financière
Du coté actif, l’actif économique = Actif immobilisé + BFR
Le ROCE (Return on capital employed) diffère du ROIC au niveau du dénominateur. Le ROCE mesure la rentabilité de l’actif économique et le ROIC mesure la rentabilité des capitaux investis.

Or nous avons l’égalité suivante :
Actif économique + Actifs hors exploitation = Capitaux propres + Dettes financières

Donc le ROCE est égale au ROIC.

Design dominant et dynamiques industrielles

Un design dominant (dominant design en anglais) est une conception de produit qui a gagné le marché aussi bien chez les producteurs que chez les consommateurs et dont les entreprises sont obligées d’y adhérées si elles veulent survivre. Le dominant design est reconnu par le marché comme le design du produit ou du service qui répond au mieux aux besoins des consommateurs.
Le design dominant émerge progressivement dans le cycle de vie du produit. Il est la synthèse des évolutions technologiques introduites dans les variantes antérieures du produit. L’émergence du design dominant marque la fin d’une multitude de classes de produits et de firmes; on assiste à la concentration du secteur.
Le design dominant décrit très bien la dynamique de l’innovation dans les industries de biens assemblés complexes.

Emergence du dominant design
Les produits d’assemblages complexes suivent un cycle qui est marqué par l’émergence d’un design dominant qui change la nature de la concurrence entre les firmes et entraîne la concentration du secteur.
Dans la première phase du cycle, une entreprise pionnière introduit sur le marché un produit innovant. Un petit marché se crée autour du produit avec de nouveaux concurrents qui introduisent de nouvelles conceptions du produit.
A ce stade d’embryon, aucune entreprise n’a verrouillé le marché et aucune de leur produit n’est parfait. Les consommateurs n’ont pas encore une vision du produit idéal en termes de fonctionnalités et de design. Les entreprises et les consommateurs apprennent des uns des autres.
A cette étape du cycle, on constate beaucoup d’entrées de firmes, de fusions et de faillites. Les barrières à l’entrée (capital et technologie) sont faibles. Les consommateurs et producteurs expérimentent les produits. Aucun standard n’est encore établi.
La combinaison de la concurrence et les améliorations incrémentales du produit font émerger un produit de design dominant.
Après l’émergence du design dominant, la concurrence entre firmes change. On passe à une phase de production de masse où le facteur clé du succès est la compétitivité-prix. Le secteur commence alors à se concentrer, les barrières à l’entrée deviennent importantes (capital important, brevet, réputation, circuit de distribution, …)

Innovations technologiques et dynamiques industrielles
Le concept de Design Dominant permet de faire le lien entre les innovations technologiques et les dynamiques industrielles. La principale idée du concept du design dominant est le changement de la nature de l’innovation : on passe des innovations produits à des innovations de procédés. Les firmes qui peuvent investir dans la production de masse avec une bonne rentabilité obtenue grâce aux innovations de procédés survivent. Les grandes firmes sont donc avantagées du fait des moyens qu’elles disposent pour la transition vers la production de masse (innovation de procédé, circuit de distribution, réputation, brevets, ..). Au bout d’une certaine période, la structure du secteur se stabilise en oligopole.